Le projet I.F.A. Cameroun aout 2015 de Pachapalli

 

 

Participant : Alexane Coudert, Régis Coudert, Jean-Christophe Salvati

Objectifs:

Objectif général

Renforcement des capacités de l'IFFA, réévaluation des activités pédagogiques et préparatifs rentrée

2015.

 

Objectifs spécifiques et activités

  • Inventaire magasins
  • Evaluation des activités de l’association APDR Bare Bakem
  • Evaluation des formations modulaires période septembre 2014-aout 2015

o Assiduité des professeurs

o Tenues de la trésorerie

o Qualité des formations

o Nombres de participants

o Documentations pédagogique

o Evaluation des formations de la part des bénéficiaires

  • Prolongation du programme de formation modulaire aout 2015 -septembre 2016

o Réunion de l’APDR BB pour prolongation des formations

o Signature du contrat et remise des fonds sur le compte en banque

  • Organisation de la kermesse de l’école

 

Détail des activités

 

I. Rencontre avec les élèves et les parents d'élèves

 

Le début de la mission est consacré à la rencontre avec les familles des élèves de la première promotion IFA 2014-2015. Nous nous entretenons longuement avec la plupart des personnes concernées, soit 13 familles sur les 20 élèves inscrits dans l'établissement. Voilà ce qu'il ressort de ces échanges :

1. L'assiduité de l'équipe pédagogique n'a pas été une seule fois remise en question. Par contre, l’absence chronique de l'intendant est critiquée.

2. La qualité de l'enseignement et la progression du niveau des scolarisés sont satisfaisantes, au regard du très faible niveau des élèves en début d'année scolaire. Selon les enfants, les cours d'anglais et d'EPS n'ont pas un niveau suffisamment élevé.

3. Le paiement des frais de scolarité (30 000 FCFA soit 45 euros à l'année) reste une charge importante pour de nombreuses familles. Selon l'estimation de Pachapalli, environ 40% des frais furent récupérés en fin d'année scolaire. Certains enfants sont déjà en échec scolaire et leurs familles ne payent plus depuis des années pour leur instruction, puisqu'elles se trouvent déjà en mauvaise situation financière. La somme collectée s'élève alors à 120 000 FCFA environ, sous la responsabilité de l'intendant. Aucune équivalence « en nature » des sommes à payer n'est envisageable, chose confirmée lors de la première réunion parentsprofesseurs. En conséquence, au cours de l'année certains élèves reçurent un ultimatum du directeur sous la forme « lundi prochain si tu n'as pas payé, tu seras expulsé ». Par la suite, ils purent participer au cours et aux évaluations mais ne reçurent pas le bulletin du troisième trimestre. Au final, les enfants sont tout de même admis en deuxième année mais ils ont désormais une dette envers l'école. Après le 1er trimestre de la nouvelle année scolaire 2015-2016, ils seront de nouveau expulsés s'ils n'ont toujours pas participé aux frais.

4. M. Samuel Dina, le président de l'APDR, a fourni des tenues de sport, mais seulement neuf tenues complètes pour les vingt élèves. Certains passeront en deuxième année sans avoir de tenue. Après avoir discuté de cette situation avec le staff, nous pensons que le fait de donner gratuitement ces tenues n'a pas favorablement incité les parents à fournir les habits manquants. Pareillement, des uniformes scolaires furent offerts par l'APDR en début d'année, cela a pu faire penser aux parents que tout serait donné et gratuit. Ces derniers ont simplement attendu que l'école fournisse à tous des tenues complètes, ce qu'elle n'est pas en mesure de faire. C'est un peu la même logique que pour la question du paiement des frais de scolarité, quand les parents attendent de Pachapalli le versement des sommes manquantes car « il ne serait pas possible » que l'association manque des fonds nécessaires à la bonne marche de l'école. L'année prochaine, les tenues ne seront plus offertes, mais devront être payées par les parents/enfants avant le 11 Février, date de la Fête de la Jeunesse au Cameroun. Elles pourront être achetées par étapes.

5. Les formations pour adultes n'ont pas eu le succès escompté, avec un effectif moyen de 8 élèves. Sachant que le comité de formation compte 4 personnes, cela revient à seulement 4 étudiants par formation. En rapport aux nombre d'agriculteurs présents dans le canton, cet effectif nous paraît largement insuffisant. L'explication généralement avancée lors des entretiens avec les villageois est l'éloignement du lieu de formation de la maison et des champs des agriculteurs.

6. Selon le conseil de classe de fin d'année, tous les enfants passent en deuxième année, même ceux qui flirtent à peine avec la moyenne (9,6/20).

 

II. Rencontre avec l’équipe pédagogique

 

Au début puis à la fin de la mission, à Douala puis à Nkongsamba, nous nous sommes entretenus avec Samuel Dina sur le fonctionnement actuel de l'IFA et son développement futur. De même, le 16 et le 24 Août, deux réunions furent organisées à l'hôtel Mbifano en présence de l'équipe de Pachapalli, de l'APDR nationale et locale, de l'équipe pédagogique et de l'encadrement de l'IFA. Le directeur de l'école IFA est désormais Maxime Ebwanga, en remplacement de son confrère M.Tchinda, lequel vit encore à Baré alors que M.Ebwanga a fini son contrat à Nkongsamba. Le nouveau directeur a emménagé à Ndom Bakem depuis six mois dans une maison voisine de l'école. Il se montre très investi dans son nouveau rôle et il est aux yeux de tous indiscutable à son poste. Les enfants de l'école l'apprécient visiblement.

L'ambiance de travail entre les professeurs titulaires et le professeur vacataire s'est améliorée au cours de l'année scolaire. Désormais, M.Ebwanga et M.Essoh se montrent solidaires face aux parents d'élèves et n'hésitent pas à prendre la défense l'un de l'autre. La gestion des clés de l'IFA pose problème. Par deux fois, s'estimant être dans son bon droit, le fondateur de l'APDR nationale Samuel Dina a brisé les cadenas du magasin de l'école. Le magasinier, M. Ngatchi a été accusé par M.Dina d'utiliser les locaux de l'IFA à des fins personnelles (fait nié par M.Ngatchi). Les deux hommes ne s'apprécient pas et les altercations entre eux sont nombreuses. Sachant que M.Dina peut garder à l'égard d'un adversaire une rancune tenace, au point de lui faire oublier la distinction entre relations personnelles et professionnelles, et en l'absence de preuves tangibles, nous ne pouvons nier ou confirmer ces accusations.

D'autre part, le professeur vacataire s'est vu refusé l'accès aux clés en début d'année. Par conséquent, il n'avait pas de bureau à sa disposition pour ranger ses effets personnels, ou plutôt il ne pouvait y accéder. La raison qui se dégage, derrière ce refus, est la méfiance entretenue par M.Dina et le staff envers le professeur vacataire. Ce dernier est vu comme un « espion » de Pachapalli, qui relate des informations sensibles sur ce qui se passe au quotidien à l'école. Cette vision a entraîné de nombreux accrochages au cours de l'année, mais comme il est dit plus haut, la situation s'est peu à peu améliorée.

 

L'équipe pédagogique a présenté certaines doléances à Pachapalli, essentiellement sur trois points :

1. Le manque de matériel pédagogique (craies, cahiers....)

2. L'absence de formation d'élevage car la porcherie n'est pas encore lancée.

3. Les défauts de paiement de nombreux parents d'élèves, contraires aux promesses énoncées.

 

De notre côté, nous constatons que la discipline interne est bonne et l'autorité bien établie quand Samuel est présent. La communication, après quelques ratés, tend à s'améliorer. Des différents entretiens réalisés sur place, de notre propre expérience et de notre analyse de la situation, nous estimons que le bilan de la recette des frais de scolarité est incomplet et Compte rendu Mission 2015, Projet IFA Bare Bakem Page 6 surtout falsifié. De nos entretiens avec les familles, nous déduisons que l'Intendant a perçu en guise d'indemnité la totalité des sommes versées au titre des frais de scolarité. Le même intendant qui se trouve chroniquement indisponible pour mener à bien sa mission de base, à savoir l'approvisionnement de l'IFA en matériel scolaire, comme des craies. Mais, en contrepoint de notre estimation, nous observons également que les parents ne sont guère empressés à payer ces fameux frais de scolarité et encore moins des livres pour la bibliothèque. Leur implication générale pour le projet reste faible.

Le staff pédagogique a organisé quatre réunions avec les parents d'élèves, et deux assemblées extraordinaires. Ces réunions encadrent la remise des bulletins de notes, accompagnée des remarques sur le travail et le comportement de chaque étudiant. Les professeurs expliquent aux parents la gestion du calendrier scolaire, le détail des matières enseignées, et le rythme de la formation IFA partagée entre cours théoriques et travaux pratiques sur le terrain. A ce propos, c'est l'occasion d'organiser des TP directement sur les exploitations familiales. Quant aux assemblées extraordinaires, au nombre de deux, la première eut pour objet la diminution nécessaire de l'âge maximum décrété pour les élèves. En effet, des problèmes, des conflits sont apparus entre filles et garçons d'âge trop distants.

Désormais, un élève entrant en première année de l'IFA devra justifier d'un âge compris entre 10 et 13 ans. La deuxième assemblée décida du renvoi d'un élève jugé trop agressif envers un professeur.

 

III. Objectifs pour l’année prochaine :

 

Nos souhaits :

 

  • Demander une comptabilité trimestrielle de la caisse de l'école.
  • Etablir des fiches de suivi pour chaque élève, pour déterminer efficacement ceux qui n'ont pas de tenue, ceux qui ne payent pas les frais de scolarité, ceux qui sont expulsés.
  • Créer un compte internet avec photocopies par Pachapalli pour le directeur de l'IFA afin d'envoyer des mails (chaque mois au minimum) et de pouvoir imprimer aux élèves des polycopiés des cours.
  • Insister sur la prévention des risques liés à la mixité de l'école, surtout la prévention sexuelle. M.Essoh assurera un cours spécifique lors de l'année scolaire à venir.
  • Alphabétiser davantage les élèves, au vu des carences constatées dans la lecture et l'écriture. Cela consistera en une évaluation attentive pour le niveau 1 et une poursuite des cours pour le niveau 2. Nous étudierons la possibilité de rassembler les deux classes pour suivre ces cours ensemble.
  • Organiser des réunions de parents d'élèves. C'est le rôle de l'APDR. Une première date a été fixée au 2 Octobre avec notamment la réélection du président et du bureau de l'APDR locale. ependant, il faudra établir un planning annuel des réunions après avoir pris connaissance du calendrier pédagogique officiel du ministère de l'éducation camerounais. Evidemment, nous souhaitons que les parents d'élèves soient présents en nombre au sein de l'APDR.
  • Améliorer la communication entre Pachapalli et les acteurs camerounais, dont les manques sont illustrés par l'annulation de la visite de la ferme avicole par défaut de financement.
  • Envisager, pour un éventuel délit des enfants (vol, saccage, etc), la possibilité d'une intervention judiciaire. Envoyer le compte-rendu du conseil de discipline.
  • Un compte bureautique a été ouvert dans un cyber café de Nkongsamba pour Karine. Cela servira au professeur pour envoyer les cours en version numérique et les imprimer en vue de les archiver.
  • Le professeur est désormais responsable de l'approvisionnement en semences/intrants/polycopiés et doit donc envoyer les factures à Pachapalli pour remboursement.
  • Nous avons reçu des propositions de cours supplémentaires, des enseignements aménagés de couture ou de cuisine, et un cours d'informatique pour un professeur vacataire. Nous sommes en attente du CV et de la lettre de motivation, mais notre petite structure compte déjà assez de professeurs et nous sommes plus curieux qu'intéressés.
  • La création et le développement d'une bibliothèque de l'IFA est une volonté ancienne, motivée par le besoin de consulter les manuels sur place pour les élèves qui n'en disposent pas. Il serait envisageable dans cette optique d'aménager des heures d'étude dans l'emploi du temps hebdomadaire. L'intendant la garderait ouverte pendant la semaine et les membres de l'APDR locale pour le samedi, dans un cadre de responsabilité partagée. A charge de l'intendant de vérifier le nombre de livres. Pour le moment, un embryon de bibliothèque existe dans le bureau du directeur, mais nous avons le projet de la transférer dans la salle centrale, après construction d'une cloison. Pour consulter les livres, il faudra être élève, adhérent à l'APDR locale ou payer ponctuellement pour la consultation (une somme modique est à prévoir).
  • Une demande de mise en place d'un téléphone fixe nous est parvenue, afin de joindre plus facilement les professeurs ou l'intendant. Nous attendons un devis avant de nous prononcer, mais cela semble délicat et peu probable. Sur l'appareil photo qui servirait à transmettre des images de l'IFA en France via Internet, il se trouve que M.Essoh en possède un. Il est d'accord pour le mettre à disposition de l'équipe pédagogique même en son absence, mais c'est vers lui  que nous nous tournerons pour avoir davantage de photos illustratrices du fonctionnement de l'école.

 

IV. Observation des activités scolaires

 

Le niveau général n'est pas très bon, les carences observées en lecture et écriture de certaines élèves ont largement compliqué la transmission des connaissances théoriques. Cependant, le déroulement de l'année scolaire a vu un progrès sensible de l'apprentissage des bases de l'instruction, ce qui a contribué à une meilleure compréhension générale des cours d'agriculture. Il apparaît donc que les cours d'alphabétisation furent bien efficaces. Au cours de l'année, les élèves participèrent à diverses manifestations, célébrations officielles ordonnées par le gouvernement camerounais. Ainsi, l'IFA participa à la Fête de la Jeunesse (le 11 Février) et à la Fête Nationale (le 20 Mai). Les élèves furent transportés jusqu'aux lieux des célébrations et défilèrent en uniforme, munis de leurs outils agricoles, devant les officiels de l'arrondissement. Ces derniers, de concert avec la foule, saluèrent vivement la présence de l'IFA lors de ces célébrations.

 

Ces participations sont un bonus appréciable pour la promotion du projet de l'IFA et mettent en lumière le développement d'une action pédagogique en faveur de l'agriculture camerounaise. En connaissance de cause, Pachapalli attribua une aide financière aux professeurs titulaires pour assurer gratuitement aux élèves le transport et le repas lors de ces journées festives. Or, de nombreux élèves et le professeur vacataire ont déclaré qu'ils s'avaient pas reçu cet argent, ce qui démontre encore une fois la difficulté du suivi des budgets dans notre projet.

 

Comme prévu, s'est déroulé en Juin un concours d'entrée pour la formation 2015-2016, sous l'organisation et la surveillance de l'équipe pédagogique. Le nombre annoncé de 110 participants n'a pu être confirmé par nos vérifications, mais il est en tout cas irréfutable qu'un grand nombre d'enfants a participé à l'examen. 79 d'entre eux auraient réussi le concours, la liste des admis a été lue par le staff au cours de la Kermesse. Cependant, ce chiffre paraît surestimé, nous avons pu seulement rencontrer une dizaine de ces « futurs élèves ». Sur cette base, nous estimons que la promotion de la première année comptera un peu plus de 15 élèves, avec une classe de 15 élèves pour la deuxième année.

 

Le 18 Août s'est déroulée une réunion du comité des formations modulaires dans l'enceinte de l'IFA en présence du professeur et des volontaires de Pachapalli. Nous avons fait le point sur les formations proposées durant l'année écoulée, en examinant les difficultés rencontrées et les alternatives mises en place. Ce qu'il ressort de cette entrevue est que l'arrêt en cours d'année des formations est due à un problème de communication entre le comité et Pachapalli. Le comité n'a pas envoyé par courriel le bilan écrit des six premiers mois de formation et nous n'avons reçu aucune proposition de planning pour la fin de l'année scolaire 2015. En conséquence, nous, Pachapalli, n'avons pas relancé la budgétisation de ces cours pour la période de Février à Juillet 2015 car nous pensions que les habitants du canton ne s'y intéressaient pas.

 

Au début d'année, le comité a mis en place des formations pratiques directement sur les exploitations et une culture de démonstration directement sur le site de l'IFA, dont la récolte se « volatilisera » au cours du mois de Décembre, faute d'une surveillance adéquate. Malgré cette péripétie, le succès de cette démarche est assez encourageant pour la retenir et recommencer à l'avenir.

 

La relance des formations modulaires subira quelques modifications essentielles pour l'augmentation de la fréquentation des séances et une meilleure efficacité de la transmission du savoir. Auparavant, selon de nombreux témoignages, il y avait trop de modules et les carences de l'instruction des agriculteurs du canton ne leur permettaient pas d'assimiler plusieurs modules en parallèle. Aussi, le choix d'un seul module à la fois va permettre une amélioration de l'apprentissage, laquelle sera évaluée plus facilement par Pachapalli. Les formations pratiques pourront suivre l'entretien d'un seul type de culture jusqu'à la récolte et la vente. Pendant les six premiers mois, le piment a été sélectionné comme premier module.

De surcroît, nous espérons que le choix de délocaliser la formation sur trois sites du canton permettra de toucher davantage d'agriculteurs, lesquels devaient parfois parcourir des kilomètres à pied pour se rendre à l'IFA . Les sites choisis sont donc l'IFA, la maison d'Emile Dina à Barenbeng, et le poste agricole de Ndoué Nbot. Les membres du comité, responsables de la communication autour des formations modulaires, veilleront à ce qu'un nombre convenable de participants assiste aux cours. Voilà comme ils se répartissent : M.Ekoum pour l'IFA, M.Dina pour Barenbeng et M.Essaï pour Ndoué Nbot.

Le jour choisi pour ces formations passe du samedi au mercredi après-midi. Ceci pour éviter la confrontation directe entre les cours et les fréquentes cérémonies religieuses (mariage ou deuil) organisées en fin de semaine. Nous espérons ainsi pour le mercredi toucher davantage de personnes, pour un total de 3 mercredis par mois. Le premier mercredi sera consacré à la formation théorique en classe, et les deux autres se concentreront sur les travaux pratiques directement dans les exploitations agricoles des apprenants. Concernant les salaires, il n'y aura aucune modification car l'augmentation des vacations en deuxième année entraîne de facto un salaire supérieur pour les professeurs pour l'année 2015-2016. Le coût général des formations modulaires a baissé car le professeur a déménagé à Baré. Les frais de transport, d'hébergement et de nourriture ne sont donc plus à prendre en compte. En outre, l'augmentation des sessions de deux à trois par mois a nécessité une baisse de leur indemnité, de 20 000 FCFA à 15 000 FCFA chacune. Le comité voit aussi son indemnité baisser de 2 000FCFA à 1 500 FCFA chacun. L'indemnité et les horaires de l’intendant devraient être définis selon les frais de scolarités perçus actuellement. En théorie, les rôles de l’intendant sont de surveiller la gestion du matériel agricole, les intrants, le matériel didactique. Pour cela, il doit tenir un cahier mentionnant les entrées et les sorties, l'identité des utilisateurs, l'état des bâtiments, la gestion et la maintenance de la bibliothèque le nombre et l'entretien des tenues de sport, la tenue de la comptabilité de l’école. De plus, c'est à lui que revient le rôle de surveillance générale (présence attendue de 7h25 à 16h05), avec le pointage des élèves et des heures de cours. Un compte-rendu général et un bilan comptable devront être envoyés de manière trimestrielle au fondateur de l'APDR et à Pachapalli. En ce sens, une demande au directeur et aux professeurs d’évaluer la possibilité actuelle d’une présence d’un intendant a été formulée, en regardant, selon les frais de scolarités obtenus, quel serait son emploi du temps et ses indemnités mensuelles.

 

V Les activités génératrices de revenus

 

Une seule récolte a officiellement eu lieu cette année au mois de décembre. Lors d'un grand rassemblement, avec les familles, les sympathisants et l'équipe pédagogique, les élèves récoltèrent eux-mêmes la morelle noire, une plante aux vertus nutritives indéniables. Ils pesèrent la récolte, emballèrent la morelle et la vendirent directement dans l'enceinte de l'école, au prix de 200 FCFA le kilo. Ce fut apparemment un grand moment de l'année scolaire, car l'événement est ressorti à chacune de nos visites aux familles, avec son lot d'anecdotes. Actuellement, une plantation de maïs devrait donner ses fruits vers la fin de l'année 2015.

Cependant, une récolte de maïs, comme il a été signalé plus haut, a disparu au cours du mois de Juin. Dans l'état actuel de nos investigations, nous pouvons affirmer que personne n'aurait pris le risque de récolter près de 50 kilos de maïs sans l'accord de l'équipe pédagogique. Comme explication, M.Ebwanga assure que le planning des formations pratiques ne correspondait pas avec la date de la récolte. En conséquence, ils auraient décidé de procéder à la récolte en l'absence des élèves et de leurs familles. Une liste de matériel et d’intrants pour l’année scolaire 2015-2016 a été proposée lors de la réunion. Pachapalli attend les devis estimatifs réels. Un système de crédit est instauré concernant les semences et intrants. Seuls les membres de l'APDR locale peuvent bénéficier de ce crédit et des formations pratiques dans leur champ. Les autres élèves peuvent participer aux formations en visitant les champs voisins mais ne seront pas des bénéficiaires directs de la formation pratique. Les élèves devront donc rembourser au comité les investissements offerts une fois la récolte et la vente effectuées.Le manque de matériel déploré par l'équipe de l'IFA n'est pas acceptable pour les volontaires de Pachapalli au regard des fausses déclarations sur les rentrées de fonds provenant du versement des frais de scolarité par les familles.

Lors de l'année, un notable de Nkonia Nké a donné des cartons de fournitures scolaires pour les écoles de Bakem. L'équipe s'est alors démené pour la promotion de l'IFA, histoire que l'école touche sa part de ce généreux don. Il semble que cette motivation ait porté ses fruits, mais le contenu exact du colis n'a pu nous êtretransmis. De plus, de nombreuses discussions ont éclaté lors de la réunion de l'APDR locale à propos de la distribution des fournitures. Il semble que des personnes du staff aient retiré du contenu avant de donner le colis à l'intendant.

Le lancement des activités de la porcherie est un événement très attendu dans le canton. L'équipe, les familles, les élèves la réclament. Mais nous exprimons de vives réserves sur la gestion comptable de l'IFA et, à ce titre, nous ne pouvons nous permettre d'investir dans l'unité de production porcine à l'heure actuelle. La sécurité des porcs ne pourrait de surcroît être garantie, selon l'équipe pédagogique, sachant que le terrain de l'IFA se situe un peu en retrait des habitations environnantes. Nous devrions donc prévoir soit un gardien, soit un déménagement temporaire de la porcherie vers un lieu sécurisé du canton.

 

VI. Evaluation des activités de l'association antenne locale APDR Baré Bakem

 

M; Ebwanga nous a avoué ne pas comprendre réellement comment intégrer les membres de l'APDR locale aux cours de formations de l'IFA. En conséquence, aucune réunion de l'association n'a eu lieu au cours de l'année scolaire 2014-2015. Le défrichage de l'école n'a pas été effectué et les installations de la porcherie sont recouvertes de hautes herbes, avec un risque de détérioration du bâti. La bibliothèque, sous la responsabilité de l'intendant, n'est pas du tout utilisée par les membres et certains livres ont même disparu. Le président M.Mbondjo n'apporte aucun dynamisme à l'association et il n'est pas du tout apprécié par certains adhérents, notamment les habitants des villages de Barembeng, Manjibo, Ntang Tong et Ndoué Nké. Le chef de Ntang Tong nous a même avoué que le président a tenté de garder pour lui les lettres d'invitation des chefs pour la kermesse, dans le but de favoriser le boycott de cet événement. Après concertation, nous pensons que ce président est nocif pour l'implication de l'APDR locale dans le projet. L'utilité des comités est donc incontestable pour le moment. Si M. Dina n'accepte pas le changement de président de l'association locale, cette antenne n'aura aucune responsabilité, et cela nuira à la diffusion et à la promotion du projet scolaire de l'IFA.

Entre l'APDR et Pachapalli se manifeste la nécessité d'une meilleure régularité dans nos correspondances. Samuel réclame de connaître les budgets, pour répondre mieux aux demandes des bailleurs qui visitent l'école. Nous avons pris la décision de lui envoyer un minimum de 6 courriels par an, notamment aux dates-clés : Septembre, Décembre, Février, Avril, fin Juin.

 

VII. Visite et bilan de l'entretien des bâtiments de l'IFA

 

La cour de l'école est défrichée en partie et des rangées de jolis cailloux délimitent différentes zones. Le côté du terrain bordant l’ancien chemin est pratiquement rendu à l’état sauvage (au point que le sentier n'existe plus et se trouve remplacé par un passage en plein milieu du terrain de l’IFA.). Le terrain en contrebas est en partie cultivé avec du maïs (environ 800m²).

La porcherie est en état d'abandon (risque de détérioration important).

Le caniveau du bâtiment n’est pas entretenu (présence de mousses).

La salle de classe pour élèves est sale notamment le bas des murs peints.

La salle du milieu est propre.

La salle des professeurs est propre, bien que certaines serrures de portes sont cassées.

Une table a été cassée durant la kermesse.

L’inventaire est très correct que ce soit pour les affaires de Pachapalli gardées par le magasinier ou pour le matériel des travaux pratiques sauf les ballons de foot, détériorés par l’intendant lors d’une utilisation personnelle.

Cette visite fut l’occasion d’une nouvelle rencontre avec la population, les élites et notables des villages du canton. La durée de la mission fût trop courte (2 semaines) pour consacrer beaucoup de temps aux opérations de communication. Néanmoins, nous rencontrâmes lors de notre traditionnel tour de sensibilisation en compagnie des parents d’élèves la quasi-totalité des chefs ou représentants des chefs de village pour les convier à la Kermesse de l’IFA. Par contre, nous n'avons pu recevoir leur aide technique dans l’organisation pratique des activités de la kermesse. Finalement, au cours du buffet, les chefs nous ont, encore une fois, accordés leur confiance et leur soutien moral au projet IFA Bare Bakem.

En outre, une hampe pour le drapeau camerounais et une plaque de présentation de l’école furent installées sur le site de l’IFA par les membres de l’APDR locale Le matériel nécessaire fut acheté à Nkongsamba et transporté en pick-up jusqu’au village.

 

VIII. La Kermesse

 

Une volonté est née de faire une kermesse en Février et une autre en Août car l'ECS a annoncé qu'ils en feraient une. Le site de la COPLANEL, d'abord évoqué, est finalement inapproprié. Le professeur des formations modulaires et M.Essoh pointent un choix incohérent. En conséquence, nous avons modifié le site et la liste des tâches a été rectifiée en incorporant des membres du comité à l'organisation.

Au cours des réunions du 16 et du 18 Août fût organisé le déroulement des activités de la fête, de la mise en place de la décoration et des locations de matériel d’animation. Le Vendredi 22 Août, les membres de l’APDR locale sont venus en nombre mettre la main aux derniers préparatifs, et l’attribution des stands sous la responsabilité d’un enfant et d’un adulte ensemble ont été décidés.

Il nous a semblé important d'impliquer au maximum l'APDR locale lors de la première réunion au village sur la question de la kermesse, événement qui n'est pas inscrit dans les moeurs locales. De même, nous avons soigneusement demandé aux chefs et aux élèves de mobiliser leur village et d'animer le cas échéant des activités. Il y aurait des jeux prévus spécialement pour les femmes et les enfants auraient un animateur spécialement pour eux, avec évidemment une gratuité totale des jeux pour eux. De plus, nous avons proposé de monter un petit restaurant IFA lors de la journée, mais nous n'avions pas prévu que le manque de couverts poserait problème. Evidemment, les chefs eux ont besoin d'une boisson par personne, des bières pour le coup. Enfin, un repas fut prévu à part pour Pachapalli et les membres actifs de l'organisation.

Les jeux prévus furent les suivants : course en sac, tirs au panier de basket, concours de jongles avec un ballon de football, lancer d’anneaux, remplissage d’un seau avec une simple éponge, labyrinthe (parcours chronométré où le participant court avec un oeuf posé sur une cuillère entre les dents), sac à peser (découvrir le poids d’un sac empli de nourriture), des concours de danse pour les femmes et les enfants, bateau qui coule (poser des poids en sable dans un verre flottant qui ne doit pas couler).

Quant au matériel nécessaire à la fête, nous rassemblâmes un groupe électrogène, une sono HIFI et haut-parleurs, deux microphones, des sacs de céréales, des ballons de football et de basketball, des seaux et des éponges.

Sur le déroulement de la journée en elle-même, la décoration fut très bien gérée par René et par les enfants. Ils aménagèrent le site en posant la clôture, les banderoles et les stands. Maxime fut également très présent, au contraire hélas de l'intendant. D'ailleurs, Maxime fut le seul à l'heure pour accueillir les élèves. Aussi, la kermesse démarra vers 10h (attente de l'intendant pour les ballons). Peu d'élèves de l'école furent présents et ils ne furent pas assez mis en avant, de par leur manque d'implication dans l'animation de la fête. Par contre, au micro les professeurs et l'intendant mirent une bonne ambiance.

Les stands se déroulaient les uns après les autres et non tous en même temps. La matinée fut rythmée par les qualifications de chaque jeu. Dans l’après-midi se déroula le concours de danse, le quizz agricoles et les finales. A 18h, les chefs remirent les prix aux gagnants. La caisse a globalement bien fonctionné et de nombreux papiers d'inscription à l'IFA furent remplis, ce qui assura le côté promotionnel de la journée. Sur cet aspect, l'autre point positif fut le quizz qui souleva un bel enthousiasme général. Lors de la remise des lots, les gagnants n'étaient pas tous présents, ce qui nous fait penser pour l'année prochaine à leur réserver des bancs et des photos avec chaque lot. S’ensuivit un buffet en l’honneur des chefs du canton et des participants.

La soirée se termina à 00h30, Samuel décidant de baisser le volume de la musique avant que la fête ne dégénère et ne laisse une mauvaise image de l'IFA. L'argent récolté lors de la kermesse servira non pas à la consommation de boisson par les organisateurs mais pour le matériel de l'école. Point noir, le lendemain, le nettoyage n'ayant pas été organisé, ce fut assez long pour rendre l'école à nouveau présentable.