Le projet I.F.A. Cameroun Avril 2014 de Pachapalli

Participant : Mathieu Claire-Hélène

 

Objectif général : Renforcement des capacités de l'IFFA, réévaluation des activités pédagogiques et préparatifs rentrée 2014

 

Objectif 1 : Construction IFFA


     Le soir même de mon arrivée à Douala, je rencontre les chefs de l'équipe de construction. Nous établissons un planning des travaux à réaliser sur place et nous nous mettons d'accord sur le nombre d'ouvriers à employer sur le chantier. Quant à l'approvisionnement des matériaux de construction, il sera assuré par Pachapalli. Je pars vers Nkongsamba. Une fois là-bas, je me rends à la menuiserie "Groupe Rapide" pour la fourniture du bois, puis dans les locaux de "Dora Entreprise" pour le sable. Néanmoins, le sable fin de qualité est rare dans la région, son acheminement est difficile et sera problématique tout le long de ma mission.

      

     Enfin, pour le reste des matériaux, je fais appel à la quincaillerie "Quincama". Une fois les commandes passées, la nuit passe et au matin, je vais sur le site de la future école, au coeur du canton de Baré-Bakem. Le climat pluvieux et chaud nécessite un défrichage régulier et force est de constater que le travail a été malheureusement insuffisant. Qu'à cela ne tienne, j'embauche une aide pour la journée et nous préparons l'arrivée de l'équipe de chantier. Ils sont 6 manoeuvres avec les deux patrons, Pachapalli entretient une relation durable de confiance avec eux. Les travaux commencent. L'électricité est posée à l'intérieur et à l'extérieur de l'école. Actuellement, le bâtiment n'est pas relié au réseau public mais quand cela sera fait, l'IFFA sera prête. Chaque classe a ses néons et 3 prises murales.

 

   Vient ensuite la pose du crépi sur les murs. Deux couches de mortiers sont nécessaires pour une finition minutieuse. En raison du délai serré à respecter, deux nouvelles personnes sont embauchées. Au total cette phase des travaux prend dix jours.

 

     Enfin, la dernière étape consiste à couler quatre dalles de béton, une par classe et une pour le petit préau. Chaque dalle nécessite d'être coulée en une seule fois dans une journée. Sous le préau une légère pente est calculée pour l'écoulement des eaux de pluie. Hélas, il est déjà temps de repartir mais le soulagement est grand de savoir que ces travaux sont finis et de bonne qualité.

 

Objectif 2 : L’A.P.D.R. Baré Bakem

 

     Dès notre arrivée au sein du village, je rencontre le bureau de l'APDR et nous réunissons l'APDR de Baré-Bakem, l'antenne locale chargée de la gestion de l'IFFA. Nous évoquons les activités de l'association, la mise en place des formations modulaires et la gestion comptable. Première constatation, les bâtiments scolaires et la cour de recréation sont bien entretenus. L’inventaire du matériel montre que les choses sont en ordre, que l’équipement est intact et fonctionnel. La bibliothèque est ouverte le mercredi de chaque semaine, les livres sont consultables sur place pour ceux qui le désirent. L’école a accueilli dans ses propres locaux les candidats pour travailler au sein de l’établissement, au nombre de 10 pour 3 postes de professeurs. Ils reçurent une formation sur la pédagogie et sur le modèle d’éducation MARP (Méthode Accélérée de Recherche Participative http://www.wikiwater.fr/c3-la-methode-marp.html ).

 

     Concernant le fonctionnement de l’association de l’APDR locale, les feuilles de présence claires et bien tenues prouvent que les réunions furent suivies par nombre de villageois. Un noyau dur de personnes motivées assure une périodicité régulière de ce rendez-vous associatif. Evidemment subsistent de nombreuses difficultés: d'une part le secrétaire et le président sont en désaccord et les membres se plaignent du manque d'investissement du bureau local. D'autre part, si la gestion comptable des cotisations est bien tenue, la subvention donnée aux formations modulaires destinées aux élèves adultes n'apparaît plus dans les comptes. Aucun villageois du canton ne peut ainsi témoigner avoir assisté à une telle formation.

 

     Par conséquent, la motivation s'essouffle et les assemblées aux réunions organisées par mes soins n’ont pas l’audience attendue. Lors de la 3ème réunion, je fais part de mes doutes et de ma volonté d'enterrer le projet si rien de concret ne sort de nos discussions. Les échanges sont vifs mais constructifs autour du rôle de l’association et des relations avec l’A.P.D.R. nationale. Une réelle prise de conscience s’opère autour du projet et des motivations de chacun. La majorité de la population du canton est favorable à ce projet d’IFFA, aussi serait-il regrettable de ne pouvoir le concrétiser à cause d’un manque d’organisation et de petites querelles intestines. Alors, plusieurs décisions sont prises:

 

  • Mise en place d'un comité de gestion pour les formations modulaires désigné par Pachapalli. Ce comité sera composé de 4 personnes, venant des 4 coins du canton, et très impliquées dans le projet depuis son démarrage. Quelques jours après, je les réunis afin que nous mettions en place ensemble les modalités de fonctionnement de ce comité. Un contrat est signé par chacun pour la gestion de 6 formations modulaire. Ce comité est chargé principalement de sensibiliser les populations du canton pour chaque formation, de préparer les locaux et le matériel nécessaire à chaque session, du transport et de l’accueil du professeur, de la rémunération et gestion comptable des fonds.

 

  • Ouverture d'un compte en banque au nom du comité de gestion, doté d'une subvention équivalente à 6 formations modulaires, soit 240 000 FCFA.

 

  • Mise en place d'une formation modulaire toutes les 3 semaines. Avec le comité de gestion, nous préparons une rencontre avec deux professeurs qui assureront les formations, Mlle Carine Shanga et Judith Makawen. Suite à cet entretien, nous établissons un planning et nous signons un contrat pour 3 sessions de formation avec chaque professeur.

 

  • Réélection d’un bureau : Le président et le trésorier sont maintenus, désignation d’un secrétaire suppléant. Le jour de mon départ, j’ai le sentiment que le projet évolue de manière positive. Certes, les difficultés ne manquent pas. Je suis fatiguée par les querelles suscitées par le projet et les sempiternels conflits entre villages dans le canton. En l’absence des pouvoirs publics et devant la faiblesse des institutions traditionnelles (provoquée pour une bonne part par l’exode rural que prétend « combattre » l’IFFA), la mobilisation des bonnes volontés n’est pas évidente. Pourtant, elles existent, ô combien. Les villageois sont enthousiastes et espèrent beaucoup en cette nouvelle école. Ils posent sans cesse de nouvelles questions sur le développement du projet et le contenu des cours. Ils voient avec satisfaction (et moi avec eux !) que les bâtiments sont construits, que les réunions se tiennent, que les décisions sont prises. De futurs écoliers se préparent pour leur rentrée prochaine, comme les professeurs se tiennent prêts à les accueillir. Enfin, mieux que tout, l’hospitalité, la bonté, la générosité des habitants du canton me donnent beaucoup d’énergie pour continuer.

 

Bilan Financier

 


Budget global

 

Libellé Montant
FCFA
Montant
Euros
Main d'Oeuvre 945000 1440.64
Matériaux 1690500 2577.15
Transport 92500 141.02
Communication 35000 53.36
Mission 57600 87.81
Fourniture 15000 22.87
Formation Modulaire 275000 419.23
Total 3110600 4742.08

 

     Le montant de la main d’oeuvre est destiné en grosse partie (900 000 FCFA) à l’équipe de chantier pour la réalisation des finitions de l’I.F.F.A. (Electricité, Faux plafond, Dallage, Crépissage). Le reste correspond à l’emploi journalier de main d’oeuvre pour des taches annexes nécessaires à l’avancée des travaux (défrichage, magasin).

 

     Concernant les matériaux, la moitié des fonds (810 000 FCFA Soit 1235€ environ) est dédiée à l’acheminent de sable commun et fin. J’ai eu à faire venir le sable fin de Douala car il été introuvable dans les carrières de la zone et indispensable pour le crépissage et le dallage. Ensuite l’achat de 100 sacs de ciment représente la seconde grosse dépense des matériaux (480 000 FCFA Soit 732€ environ). Enfin le reste dépense correspond au matériel nécessaire pour la mise en place de l’électricité, l’acheminement de l’eau, le bois et le contreplaqué pour la confection du faux-plafond extérieur.

 

     Le montant de la ligne « transport » correspond majoritairement au transport des marchandises. Le Budget dédié aux formations modulaires à destination des adultes est détaillé ci-dessous.

 

Détail du budget pour les formations modulaires

 

Libellé Pour 1
session
FCFA
Pour 6
sessions
FCFA
Pour 6
sessions
Euros
Transport 5000 30000 45.73
Salaire des professeurs 20000 120000 182.94
Pause-café 2000 12000 18.29
Photocopies 3000 18000 27.44
Hébergement 5000 30000 45.73
Matériel de formation 5000 30000 45.73
Frais de banque   5000 7.62
Indemnité pour le comité de gestion 10000 30000 45.73
Total 50000 275000 419

 

     Ce budget est validé par Pachapalli et le comité de gestion des formations modulaires sur place. Les fonds sont consignés sur un compte en banque à Nkongsamba. Pour disposer de l’argent, les signatures de deux responsables du comité sont obligatoires. Ainsi lors de chaque session au moins deux membres du comité doivent se rendre à la banque pour retirer les fonds nécessaires pour la session soit 40 000 FCFA (soit 60€). Les frais bancaires correspondent aux fonds nécessaires pour l’ouverture d’un compte en banque.

 

     Ces 5000 FCFA sont consigné sur le compte et ne peuvent être retiré qu’à la fermeture du compte. Une Indemnité de 2500 FCFA (soit 3,8 € environ) est délivrée à chaque membre du comité pour chaque session. Le comité étant composé de quatre personnes, cette indemnité s’élève à 10 000 FCFA par session. Avant mon départ je donne au comité les indemnités pour 3 sessions, en leur assurant que le reliquat de ces indemnités sera délivré au moment de l’évaluation des 6 sessions si celle-ci est satisfaisante.

Le taux de change utilisé est 1€ = 655,957 FCFA.